Flambant Luxe

Voici une sélection de sympathiques billets écrits en 2014 pour le site Web Flambant Luxe.

N. B. : Ces textes ont été légèrement retravaillés depuis leur publication initiale. Je n’ai pas pu m’en empêcher.


Mes nouvelles idoles – Première partie

Septembre 2014

Je cherche, sans grand succès, la salle d’aérobic dans un gym grand comme Yao Ming. J’aperçois une jeune femme, des pompons bleus, rouges et argent dépassant de son sac à dos. Bingo. Je la suis. Et elle se sent suivie, se retourne suspicieusement, je lui souris avec une sincère touche de gêne et lui confirme que « oui, oui, je te suis, j’assiste à la pratique de cheerleading aujourd’hui ». Elle me regarde de haut en bas, me dévisage, ricane, quatre autres filles se joignent à elle, elles claquent des doigts et commencent à danser synchro en chantant en chœur : « Dégage d’ici/On en a rien à faire de ton article/On accepte pas les filles qui savent pas danser! »

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Crédit photo : Katerine Côté

Ben non, c’est une farce! Au contraire, rien à voir avec les films américains où le modèle de cheerleader est agressif et crinqué. Les meneuses de claque des Alouettes de Montréal m’ont chaleureusement accueillie dans leur quotidien, et trois fois plutôt qu’une. Deux pratiques et un match pour me familiariser avec leur environnement des plus intrigants. Pour les hommes, bien sûr, mais surtout pour les filles je pense. Vous aurez probablement remarqué, mesdames, que lorsque vous regardez un match des Als vous passez plus de temps à commenter la performance des cheers qu’à analyser la partie. Moi oui.

Mémoire d’éléphant, shape de gazelle

Ce qui m’a jetée à terre en côtoyant ces filles, c’est la vitesse à laquelle elles apprennent une chorégraphie. Durant la première pratique à laquelle j’ai assisté, pleine d’ambition et de certitudes, je me suis dit que j’allais les accompagner quand j’ai su que la coach, Annie, leur apprendrait un nouvel enchaînement. Pouhahaha. Deux semaines plus tard, j’essaie encore de faire un des premiers mouvements, alors qu’elles avaient appris la moitié de la danse en 5 secondes.

Et c’est qu’elles sont en forme, ces mignonnes! Cours de danse, gym, course à pied, volleyball, pilates, randonnée, ballroom, badminton, salsa, musculation, baseball, tennis, snowboard, ski, équitation et natation : toutes des activités qu’elles pratiquent. Il y a même au sein du groupe une ancienne joueuse de rugby-slash-ceinture bleue de jiu-jitsu brésilien et une ex-championne de karaté. Leur point commun à toutes : des abdominaux d’une rare beauté.

Les pratiques, qui se tiennent deux soirs par semaine, commencent par des étirements et des échauffements. Même cette partie de la séance, je la trouve difficile. Quand les répétitions des chorégraphies débutent, les cheerleaders enlèvent leur chandail et se retrouvent en petit top de gym. Intimidant. C’est qu’avec les miroirs dans la salle de pratique, elles peuvent apprécier la perfection de leur bedon à l’air. Je sais pas si c’est un truc pour s’habituer à rentrer son ventre ou une tactique de la coach pour donner confiance à ses filles. Je suis fatigante, mais vraiment, leurs abdos sont magnifiques de proche, de loin, le soir, le jour, en dedans, dehors, cachés, tout le temps.

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Crédit photo : Katerine Côté

 Qu’est-ce que tu manges pour être belle de même?

… que je leur ai demandé en bonne matante. Végétarisme, respect des quatre groupes alimentaires, cinq petits repas par jour, 4 litres d’eau quotidiennement, règle du 80-20 (80 % de bouffe santé et 20 % de petits plaisirs de la vie), collations équilibrées entre les repas, règle du 40-40-20 (40 % de carbs, 40 % de protéines et 20 % de lipides) : les astuces diffèrent de fille en fille. Ce qui revient souvent, par contre, c’est le principe du « faire attention, mais se permettre des tricheries de temps en temps ». Elles sont saines, mes nouvelles amies.

En rafale :

  • Les blogues qu’elles consultent? Trois fois par jour, Style & The City, Petitpetitgamin, One Day One Photo, mais, en général, elles consomment pas beaucoup de blogues.
  • Un autre groupe de cheerleaders qu’elles aiment particulièrement? Les grandes gagnantes sont les filles des Cowboys de Dallas pour leur beauté, leurs costumes de cowgirls, leur très grande visibilité et leur émission de télé. Les équipes de cheerleaders des Celtics de Boston, des Eskimos d’Edmonton (paraît q’elles font des stunts), des Stampeders de Calgary et des Dolphins de Miami ont aussi été mentionnées.
  • Sont-elles payées pour être cheerleaders? Oui.
  • Quel âge ont-elles? De 19 ans jusqu’au début de la trentaine. Certaines sont mamans.
  • C’est-tu des filles avec des diplômes et des jobs? Ben oui.
  • Pis, quessé qui s’est passé après avoir assisté aux pratiques, Laurence? J’ai appris une (toute petite) chorégraphie. On m’a prêté un costume, des collants et des pompons. Qu’est-ce que j’ai fait avec ça? Un shooting photo maison pour combler un vide dans mon adolescence? Un spectacle à mon chum? Imaginez-vous donc que je suis allée sur le terrain, avec les filles, durant un vrai match. Et que l’évènement est très bien documenté. Je suis pas barrée, hein?

 À suivre la semaine prochaine…


Mes nouvelles idoles – Deuxième partie

Septembre 2014

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Crédit photo : Katerine Côté

Un vendredi, soir de match, j’arrive vers 17 h dans un stade Mémorial Percival-Molson presque vide. J’entre dans le vestiaire (un peu petit à mon goût) des cheerleaders des Alouettes. Au total, vingt-neuf demoiselles s’y entassent, se peignent, grignotent un souper et retouchent leur maquillage. Du chocolat et des chips de légumes sont mis à notre disposition (fou hein, elles mangent vraiment des cochonneries des fois). J’enfile la robe officielle, que je qualifierais de longue camisole, mais je me sens quand même bien. Feyou, pas besoin de me mettre en petit top et en short.

Les cheerleaders sont de vraies vedettes. Je me prends une couple de calendriers 2014-2015 (celui avec les coquines photos des filles en bikini) et j’arpente le stade avec quelques-unes d’elles pour en vendre. À 17 h 30, les portes s’ouvrent et les partisans commencent à faire leur entrée. Rapidement, les gens prennent des photos avec nous. En dedans de quinze minutes, j’ai déjà vendu un calendrier.

Et là, pour la toute première fois de ma vie, on veut que je signe un calendrier. Se faire demander un autographe, ça saisit! Mais je suis pas dans le calendrier. Alors je signe sur la photo d’Andrée-Anne (c’est elle qui en a eu l’idée, la tannante), on peut se ressembler, mis à part que son ventre est plus abdoifié que le mien. Le subterfuge a fonctionné longtemps, avec des hommes et de très jeunes filles, jusqu’à ce qu’un vrai fan, qui avait fait signer toutes les belles, me demande, du doute plein le visage, laquelle j’étais, moi. Oupsy.

Les filles ont de la classe, ce sont des professionnelles. Gentilles avec tout le monde, elles sourient et se prêtent au jeu avec décence. Et les hommes en ont plus que je pensais. De la classe, je parle. À part une ou deux petites blagues sur la jalousie de leur femme ou le galbe fessier de Sidney (calendrier, mois de novembre), rien à signaler de très déplacé.

Une cheer, ça court partout avant un match. Une pratique, des retouches maquillage, certaines sont demandées pour faire une apparition dans une émission de télé, d’autres doivent aller chanter « bonne fête » à un fan, retour au vestiaire à 18 h 30, petit « woupwoup » d’encouragement entre elles, on se check les dents, le costume et le dsours de bras pour être certaines que tout est A1 et on marche solennellement vers le mosus de gros casque de foot gonflable duquel les joueurs sortent juste avant le début du match.

Le casque gonflé est grand, il y fait sombre. Je commence à avoir un sérieux trac. Les filles s’étirent, se concentrent, se donnent de l’énergie. Et là, c’est notre cue, on en sort, un bras dans les airs qui fait gigoter un pompon, l’autre statique sur la hanche. Très intimidant de danser devant 20 400 spectateurs. Pas que la partie de chorégraphie que j’ai apprise, la « haie d’honneur » que ça s’appelle, était particulièrement compliquée, mais quand même. Et à part un ou deux pas manqués, j’ai fait ça comme une grande et j’en rougis de fierté.

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Crédit photo : Katerine Côté

Les joueurs sont maintenant en place, le match peut commencer. Je sors discrètement du terrain et retourne au vestiaire pour me changer, alors que les vraies, elles en ont encore pour trois heures de travail, de danse, de sourires. Y’en a-tu qui se demandent pourquoi j’en ai pas fait plus? BEN J’ESPÈRE PAS CALVÂSSE, parce que j’ai utilisé tout ce que j’avais de couilles pour danser sur un terrain de football pendant ce qui m’a semblé une demi-heure et vêtue de ce que j’appellerais une petite tenue.

En rafale :

  • Les pompons brillent tellement que ça fait mal aux yeux.
  • Les photos du calendrier ont été prises en République dominicaine cette année.
  • Les idées préconçues gossantes sur le cheerleading qui reviennent souvent? Que ces filles sont nunuches, petounes, qu’elles cherchent à sortir avec les joueurs, qu’elles ont un manque chronique d’attention comblé par du shakage des pompons, mais surtout, ce qui les agace, c’est que les gens pensent qu’elles sont pas des athlètes. Ce qui est franchement erroné quand on constate leur implication, leur travail et leur vraie passion pour la danse.
  • Les chums, sont-tu contents ou pas qu’elles soient des cheerleaders? La majorité d’entre eux le sont, oui! D’abord, parce qu’ils peuvent venir voir les matchs sur le bras, mais aussi parce que ce sont des bons gars qui encouragent leur douce dans quelque chose qu’elle adore. Plusieurs des filles m’ont dit que leur mec, c’est leur fan numéro un. Trop cute. Par contre, y’en a quelques-uns qui viennent les chercher à la fin des games pour s’assurer qu’elles rentrent saines et sauves à la maison.
  • Pis, as-tu aimé ton expérience? Mets-en! Je recommencerais n’importe quand, parce que c’est hot de les voir aller, ces belles filles. La coach Annie me l’a dit, c’est comme une famille. La seule différence entre celle-là et la vôtre, c’est le beau fit dans un short serré. Il est évident que je les regarderai différemment la prochaine fois que j’irai voir un match. D’ailleurs, j’ai tellement été bonne que si elles me voient dans les estrades, elles vont sûrement venir me chercher pour que je les rejoigne sur le terrain, encore une fois.

Trucs de grand-mère

Juin 2014

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Crédit photo : Katerine Côté

Ma grand-mère est coquette et très bien conservée. J’ai tout à apprendre d’elle. Par exemple, Mamie a déjà essayé une cure spéciale pour maintenir son corps en santé : durant près d’un mois, au petit matin et à jeûn, elle a bu quelques gouttes d’une préparation à base d’alcool fort et de gousses d’ail macérées. Paraît-il que ça nettoie les artères.

Elle connaît une autre recette du genre pour purifier le foie, recette que son papa a testée il y a belle lurette. Je vais m’y pencher, c’est promis, mais plus tard. Je vais plutôt commencer par une crème régénératrice pour le visage et un démaquillant, les deux concoctés avec des produits achetés à la pharmacie et à l’épicerie. Vous me trouvez peu intrépide pour mes premières expérimentations? Mais voulez-vous bien me dire à quoi ça sert d’avoir les organes spick-and-span alors que notre peau est mal entretenue? C’est ça, une affaire à la fois.

Pour la confection de ces deux potions, j’ai feuilleté l’ouvrage 101 Beauty Tips de Elodie Baunard (Editions Asap, 2012), un iBook gratuit qui s’inspire de recettes miraculeuses élaborées par nos aïeules.

Pour la crème régénératrice, ça y va comme suit (p. 70) :

  • 10 gouttes de jus de citron
  • 10 gouttes d’huile essentielle de patchouli
  • 10 gouttes d’huile essentielle de rose (moi, j’ai utilisé de l’huile essentielle de bois de rose)
  • 3 cuillères à table d’huile d’amande douce

Avertissement : les quantités suggérées produisent trop de crème pour une seule utilisation. Divisez tout par deux si votre visage est de superficie normale. Ça serait bien dommage de gaspiller les huiles essentielles, car elles sont pas données (environ 15 $ pour 10 ml).

Il faut appliquer le mélange sur le visage en tapotant, laisser agir 15 minutes, rincer à fond et constater la peau douce. Cette combinaison d’ingrédients crée une crème qui, entre autres, combat la congestion des veines et prévient les rides (patchouli), aide à la régénération des tissus (bois de rose), a des propriétés astringentes (citron) et hydrate la peau (huile d’amande douce). Mon épiderme n’était pas particulièrement sec, mais j’ai pour mon dire qu’on se régénère jamais trop.

C’était très étrange de se mettre une lotion aussi grasse sur le visage, moi qui ai combattu l’huile sur cette région de mon corps toute ma jeunesse. Faites pas le saut, le patchouli, ça empeste. Au bout de 10 minutes avec mon visage bien graissé, je me suis rendu compte que ça coulait, cette histoire-là, et que j’en avais sur les babines. J’ai tâté mes cils pour m’apercevoir qu’ils étaient soyeux quelque chose de rare. Il aurait mieux fallu que je laisse la crème pénétrer en position couchée, car mes yeux sont devenus irrités. Après 15 minutes, j’ai rincé ma face à l’eau tiède, mais elle était toujours très grasse, fallait que j’utilise un peu de savon. Avais-je tout gâché? Non, ma peau est restée douce. Si votre épiderme est vraiment docile, vous essaierez de seulement rincer à l’eau, pour voir. Mes joues exhalaient la relaxation. Si, à ce moment, j’avais écouté une petite vidéo ASMR, j’aurais pu m’endormir en claquant des doigts. Mais mes doigts aussi étaient très glissants, alors mauvaise figure de style. Conclusion : c’est une bonne recette, ma couenne a été satinée pendant deux jours complets et je n’ai pas explosé en boutons le lendemain. À essayer.

Pour le démaquillant maintenant (p. 67) :

  • 1 part de gelée de pétrole (j’y suis allée avec 1 cuillère à thé)
  • 1 part d’huile d’amande douce (1 cuillère à thé aussi)
  • Jus de 1 citron (j’ai utilisé la moitié du fruit)

Voyez ici ce que ça fait, un mois sans se démaquiller avant d’aller au lit (Anna Pursglove du Daily Mail est une femme extrêmement courageuse). Maintenant, grâce à cette recette, finie l’omission de cette étape cruciale par manque de lotion démaquillante. Après avoir réuni les ingrédients dans un récipient, il faut remuer pendant un bon moment. Vous obtiendrez une pâte blanchâtre un peu liquide à l’odeur citronnée, ma foi, très agréable. Avec un coton-tige imbibé de la potion, j’ai pu me débarrasser très efficacement du restant de mascara qui avait coulé sous mon œil durant la nuit. Pour éliminer du rouge à lèvres foncé, du mascara et du fond de teint fraîchement appliqués, je dois avouer que je suis extrêmement impressionnée par la puissance du produit maison. Tout était propre et soyeux. Même si je raffole pas de la gelée de pétrole, je vous conseille quand même d’essayer cette recette.

Bon entretien de votre peau, mes belles!